25 — Ne partez pas les mains vides!

Et pour celles et ceux qui ont raté la super-pleine lune du 5 décembre, ou qui n’auraient pas entendu un seul titre de Sinatra durant tout ce marché de Noël (vous vivez dans une grotte?), un peu de rab pour ne pas repartir les mains vides, avec ce “Full moon and empty arms“, écrit par Buddy Kaye and Ted Mossman, et chanté en 1945 par Frank Sinatra. Si cet air vous dit quelque chose, c’est peut-être parce que ça fait plus d’un siècle qu’il revient à chaque pleine lune.

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24 — a a o o

Notre cerveau a besoin de moins de 250ms pour reconnaitre une musique qui nous est familière. Carsten Nicolai, qui joue des sons sous le nom d’Alva Noto, choisit dans “Ax Mr. L.” de ne garder que ces micro-fragments pour reconstruire une musique avec les résidus qui jonchent nos mémoires. De ces boucles numériques s’échappent des artéfacts fréquentiels, des glitchs rythmiques qui arrachent le piano de Sakamoto du territoire où il était installé, pour en faire un autre phénomène acoustique, un autre acou-phène.  

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22 — L’espace disque

En septembre 1996, DJ Shadow sort son premier album, “Endtroducing…”,  composé quasi-intégralement d’un savant mixage de vinyls. J’aurais tendance à dire que sa prouesse reste inégalée à ce jour. Et comme j’étais encore proche, à la sortie de cet album, de cette âge où toute découverte musicale prend une tournure sacrée, vous pourrez bien dire ce que vous vous voudrez, je ne vous écouterai pas.

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21 — Saxophones et dauphins

Another year and then you’d be happyJust one more year and then you’d be happy

J’ai découvert la vaporwave, comme nombre d’autres, en tombant sur ce morceau d’un certain “Chuck Person” et, pour une raison inconnue, ce son réminiscent des années 1980 m’a attrapé les tripes et en a fait un double nœud gordien, qui m’a fait réaliser qu’il était peut-être temps que je fasse une psychanalyse musicale, afin de pouvoir couper le cordon et me défaire des avis tranchés sur le kitsch de la décennie où je suis venu au monde.

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19 — Tirailleurs oubliés

Il y a quelques années, cette très chère amie Juliette nous met ce morceau de Philippe Léotard, “Ancien combattant” (1999), sur une petite compilation home-made comme on aime s’en échanger. Curieux morceau que je ne connaissais pas et curieux texte surtout. Philippe y règle possiblement des comptes avec son frère, François Léotard, qui venait justement de passer deux ans à la tête du ministère de la défense et des anciens combattants. Deux fils de bonne famille aux parcours un peu différents. Pendant que le François abusait des biens sociaux, c’est plutôt l’alcool et la coke dont abusait le Philippe, qui s’était déjà proposé comme “ministre de la défonce” sur la scène du printemps de Bourges, en plein mandat de son reuf : “Chacun son truc. Il vendra des missiles et moi des pétards.

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18 — Le court-bouillon de Liquid Liquid

Après Jamal, Nero et le Wu-Tang, restons encore un peu à New-York, dans ces années 1980 où se croisent et s’hybrident rock, punk, rap, no-wave et disco. Dans le bouillon de culture de la marmite new-yorkaise, quatre garçons dans le flot créent le groupe “Liquid Liquid”, parfois qualifié de “post-no-wave“, voire de “dance-punk” par la critique. C’est dire si les étiquettes accrochaient mal sur ces flacons en ébullition.

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17 — Qu’est ce qu’une jeunesse?

Parmi les 170 films dont Nino Rota composa la bande musicale, on compte un certain nombre de thèmes iconiques, le plus fameux étant sans doute l’air du Parrain. Il n’a pas encore réalisé ce colpo da maestro, quand il compose la musique de l’adaptation de Roméo et Juliette par Franco Zeffirelli en 1968, mais le thème des deux amoureux, intitulé “What is a youth?” et chanté par Glen Weston, trouvera un autre chemin pour traverser le temps et parvenir jusqu’à nos oreilles.

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16 — Le monde est à vendre

Le développement de l’aviation a drastiquement rétrécit la planète depuis le début du XXè siècle: il devient possible d’aller à l’autre bout du monde en quelques heures, quand il fallait des semaines, voire des mois, auparavant. Cette révolution des transports marque à la fois le début du tourisme international (avec des compagnies comme Thomas Cook, qui opéra de 1841 à 2001) et du business international. Un terrain de jeu enfin à la taille des mégalomanes, qui donne naissance à un slogan qui passera par toutes les agences de pub des compagnies aériennes: le monde est à vous.

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