Dire que l’influence de Debussy est considérable dans la musique du XXe siècle serait une lapalissade, au point que le musicologue Roger Nichols posait tout bonnement les choses ainsi:
(…) une liste des compositeurs du XXe siècle influencés par Debussy correspond pratiquement à une liste des compositeurs du XXe siècle tout court.
Cette œuvre de Giacinto Scelsi, composée en 1967 et jouée pour la première fois en 1969 à Venise, ne fut enregistrée et publiée qu’en 2005 (à ma connaissance) sur le label ECM, par la fameuse violoncelliste Marie-Frances Uitti, accompagnée ici par le Münchener Kammerorchester, et qui collabora pendant treize années de sa vie avec Scelsi, jusqu’à la mort de ce dernier en 1988.
En 1982, Jamie Principle, un jeune américain de 22 ans qui travaille dans la finance à Chicago et pratique la musique en dehors des heures d’ouverture de la bourse écrit la chanson “Your Love”. Ce titre reconnaissable dès les premières secondes par son ostinato électronique, qui déroule tout du long son motif ternaire sur une musique binaire (same old tricks), est l’occasion pour Jamie de confier à une certaine Lisa dont il s’est épris, qu’il transpire énormément quand elle est près de lui.
Aujourd’hui quelques réflexions autour des musiques de Philip Glass, compositeur décrié par certains pour le minimalisme de ses ostinati à deux notes jugés simplistes, encensé par d’autres pour avoir forgé (avec Steve Reich, La Monte Young, Terry Riley, Moondog…) une esthétique de la répétition qui a, sans nul doute, influencé beaucoup de monde après lui, de Brian Eno à Yann Tiersen, de Hans Zimmer à Max Richter, de David Bowie à Colin Stetson…
Une des musiques de film les plus iconiques est sans doute la BO du film de Sergio Leone “Il buono, il brutto, il cattivo” (c’est tellement plus chic en italien) et son fameux riff de flûte-façon-sifflet-de-train-à-vapeur. Le thème d’Ennio Morricone, joué tantôt à la flûte, à l’ocarina, à la voix ou bien sifflée, selon les personnages qu’elle introduit, aurait apparemment été inspirée par le hurlement d’un coyote. J’ai un peu de mal à le croire.
Lorsqu’en 1998 j’ai acheté l’album “Psyence Fiction” de U.N.K.L.E., le projet à géométrie variable de James Lavelle, fondateur du label Mo’Wax , j’ai eu droit à une série limitée contenant un EP bonus avec deux pistes, dont ce curieux remix de Portishead: “If You Find The Earth Boring (Portishead Plays U.N.K.L.E. Mix)“.
Mieczysław Fogg fut un des grands chanteurs polonais du XXème siècle. Né en 1901 et mort en 1990, il le traversa presque entièrement, avec ses deux guerres, sans jamais s’arrêter de faire des concerts: il en aurait fait près de 16000 durant sa carrière, ce qui ferait un concert par jour, tous les jours, pendant 43 ans — ça me semble dingue, mais c’est la radio publique polonaise qui le dit.
En ce solstice d’hiver, descendons le long de l’échelle dans les bas-fonds de la terre, dans le sol mineur, dans les root notes. On pourra pour cela emprunter le chemin connu de la “basse des lamentations”, une figure mélodique descendant progressivement l’intervalle d’une quarte, visant à produire son petit effet neurotoxique d’extase et de dépression, à une époque où il n’était pas toujours facile de se procurer de l’opium. Ce motif émotif est vieux de plusieurs siècles, on en trouve déjà la trace au début du XVIIe siècle chez Monteverdi, dans son “Lamento della Ninfa” ou dans le fameux “Dido’s Lament” de Purcell, l’aria de fin de “Didon et Énée” intitulé “When I Am Laid in Earth” — impossible de descendre davantage.
Vous connaissiez peut-être les Tokyo Cuban Boys qui ont accompagné la grande Chiemi Eri, mais connaissiez-vous le Tokyo Ska Paradise Orchestra ? Si vous avez suivi les JO de Tokyo en 2020, vous les avez vus jouer durant la cérémonie de clôture, dans un stade complètement vide. Oui, c’est bien ça : un concert de ska, joué par un groupe japonais, dans un immense stade complètement vide, retransmis à la terre entière, et cela 75 ans jour pour jour, après que d’autres humains aient envoyé deux bombes atomiques sur ce pays. Un événement éminemment chargé de sens pour nous, humains, mais je veux bien croire que les autres espèces animales de notre planète aient parfois du mal à nous suivre.
Les Études de Chopin sont un ensemble de pièces majeures pour le piano, publiées en deux opus no 10 et no 25, qui ont donné leurs lettres de noblesse à cette forme originellement destinée à l’exercice. La plus populaire d’entre elle est sans doute l’étude no 3 en mi majeur du premier opus, nommée “Tristesse“, qui sera reprise par Tino Rossi dans sa chanson du même nom, puis par Gainsbourg dans “Lemon incest“.
Dans le second opus, on trouve l’étude No. 11 “Le vent d’hiver“, dont l’interprétation requiert une assez certaine souplesse des doigts. Écoutez bien ce déferlement de notes après l’introduction, qui s’abat sur nous comme une tornade de neige… L’auriez-vous déjà entendu ailleurs?