En ce treizième jour du mois le plus sombre de l’année, dans cette agonie de soleil qui précède son renouveau, un morceau au titre idoine : “Suffer”, extrait du premier album des Smashing Pumpkins: “Gish” (1991).
“All that you suffer is all that you are.
All that you smother is all that you are.
And you’re saying you’re seeing, you’re seeing who you are.
What takes meaning is cleaning the meaning of who you are.
On this seam, I will dream on this seam.
All of you struggles beneath your disguise;
You drink from the reasons that hold you alive.
To ascend from the wounds of desire and pain,
You must rise from the mounds of desire and change”
… nous souffle Billy Corgan de sa voix de poupée Chucky, sur une texture de guitare ondoyante en demi-tons et une rythmique lancinante, qui ne sont pas sans rappeler celles de la Venus in Furs du Velvet.
Un morceau symptomatique de cette dépression générale, qui s’empare au tournant des années 1990 de la génération X et entraine d’un même mouvement le rock alternatif vers le grunge et le hip-hop vers le trip-hop. C’est dans ce désenchantement que s’opèrent aussi des brassages culturels et sonores, à la faveur de l’accessibilité des instruments de mixage, de montage, de sampling. Et c’est ainsi que le titre de Corgan se retrouve écrabouillé puis fermenté dans une version vaporeuse plus décadente encore que l’originale…
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